Editorial
¯
Méthode
spécialisée contre la méthode conventionnelle pour le
traitement de la stérilité : le moment pour une approche
pragmatique
Friday E Okonofua1 et Helen Obi2
1Rédacteur
de l’African Journal of Reproductive Health
(Revue africaine de la santé de reproduction).
2Chargée
des Programmes, Womens Health and Action Research Centre
(WHARC), Benin City, Nigéria.
African Journal of Reproductive Health,
March
2009; 13(1):
12-15
L’évidence dont on
dispose montre que la stérilité est un problème majeur
lié à la santé de reproduction en Afrique
sub-saharienne. Partout dans e monde, environ 580
millions personnes (à peu près 5 – 8 % des couples)
subissent la stérilité à un certain moment de leur vie
de reproduction1. Sur ce nombre, environ 372
millions de personnes (à peu près 186 millions couples)
habitent dans les pays économiquement faibles ou à
revenus moyens2. L’Afrique a le plus grand
fardeau de la stérilité dans le monde. Il est estimé
qu’en moyen 10,1% des couples subissent la stérilité en
Afrique, avec un pourcentage qui s’élève à 32% dans
quelques pays et chez certains groupes ethniques au sein
de l’Afrique3. On a décrit une « région de
la stérilité » qui traverse l’Afrique de l’Ouest en
passant par l’Afrique Centrale jusqu'à l’Afrique de
l’Est4,5. Dans certains pays qui se
trouvaient dans cette région, jusqu'à un tiers des
femmes peuvent être sans enfants à la fin de leur vie de
reproduction6.
Alors
que la stérilité constitue un problème capital en
Afrique, il y a eu très peu de tentatives pour résoudre
le problème sur le plan programmatique et au niveau de
la prestation des services. La réduction du fardeau de
la stérilité en Afrique impliquera la mise en oeuvre des
plusieurs initiatives de prévention primaire, secondaire
et primaire. La prévention primaire consiste à la
prévention des facteurs médicaux et de la santé de
reproduction qui mènent à la stérilité. Par contre, la
prévention secondaire implique le traitement précoce et
approprié de ces conditions, alors que la prévention
tertiaire est le traitement et la réhabilitation des
couples affectés par la stérilité. L’Organisation
mondiale de la santé estime que jusqu’à soixante
pourcent des cas de la stérilité en Afrique sont
attribuables aux infections des voies génitales chez les
mâles et les femelles par rapport aux autre régions de
monde7. Ainsi, les interventions qui visent
la modification du comportement sexuel et la
reconnaissance précoce et le traitement rapide basé sur
l’évidence sont importantes à l’égard des efforts
destinés à s’occuper de la prévention primaire et
secondaire de la stérilité en Afrique.
Jusqu'à présent, la prévention tertiaire de la stérilité
dans plusieurs pays africains ne peut passer pour
optimale. Le traitement de la stérilité comporte les
méthodes conventionnelles aussi bien que les techniques
de reproduction assistées (TRA). Les méthodes
conventionnelles du traitement de la stérilité
impliquent la réfection chirurgicale des trompes
utérines obstruées, le déclenchement de l’ovulation et
l’insémination hétérologue. Celles-ci ont été moins
appliquées dans plusieurs pays africains à cause de
l’insuffisance des équipements et la mauvaise formation
du personnel de la santé dans la conduite du traitement
de la stérilité. D’autre part, les techniques de
reproduction assistées sont des méthodes plus récentes
et ne commencent qu’à gagner du terrain dans les pays
africains. Le premier bébé conçu à partir de la
fécondation in vitro est né en Angleterre en 19788,
alors que beaucoup de ce genre de bébés ont été nés
depuis dans plusieurs pays à travers le monde. Depuis
sa découverte, l’attelage des méthodes TRA se sont
beaucoup élargies, une situation qui a ouvert de
nouvelles opportunités pour résoudre les problèmes de la
stérilité pour les couples partout dans le monde.
Avec
la disponibilité croissante des TRA, un débat en cours
porte sur jusqu'à quel point les pays africains doivent
absorber la nouvelle technologie et la priorité qu’ils
doivent accorder à son développement comme faisant
partie des politiques de la santé publique. Bien que
beaucoup de bébés soient nés dans plusieurs pays à
l’aide des TRA dans le secteur prive, il est évident que
la procédure n’est pas rentable dans ces pays. Les
succès qu’ont eu les TRA ont été accompli dans certains
pays africains à travers les efforts à petites échelles
destinés à la création des conditions idéales qui
existent dans les pays développés, mais à grand frais au
système des services médicaux. Malgré l’effort, on a eu
peu de naissances dans plusieurs pays africains par
rapport au grand nombre de couples qui recherchent le
traitement spécialisé de la stérilité. Maintenir telles
conditions idéales pour le traitement d’une condition
qui ne au profit de très peu de gens qui deviennent
enceintes est à peine une manière équitable d’attribuer
des ressources.
Pourtant, l’Afrique est accablée d’un grand nombre de
conditions-la mortalité maternelle, les infections
sexuellement transmissibles, le VIH/SIDA et la malaria
qui sont plus mortelles et pour lesquelles une
attribution de ressources pareilles profitera un plus
grand nombre de personnes. Il est évident qu’avec les
ressources de santé qui sont disponibles en Afrique, la
prévention primaire et secondaire de la stérilité serait
plus rentable puisqu’elle ferait du bien à un plus grand
nombre de personnes.
Notre
argument a toujours été que les efforts doivent être
concentrés sur la prévention de la stérilité tout en
améliorant les équipements et l’infrastructure pour le
traitement conventionnelle de la sterilité10.
En poursuivant cet argument, nous affirmons que le
traitement à haute technologie de la stérilité serait un
grand fardeau pour le secteur de la santé publique dans
une économie en développement et limiterait les
ressources pour la résolution des autres problèmes de
santé.
Certains personnes ont opposé ce point de vue en
déclarant que le traitement à haute technologie devrait
être assuré comme un effort de la santé publique pour
assurer le soin compréhensif et pour permettre aux pays
à faible revenu d’égaler le niveau de progrès récent
dans le domaine de la connaissance dans les pays
développés11. Notre réponse a été que c’est
beaucoup demander d’égaler le progrès scientifique des
pays développés puisque les pays africains n’ont pas les
conditions économiques préalables pour une telle
opération12. Pourtant, les pays à faible
revenu peuvent chercher à mettre les TRA au sein du
secteur privé puisqu’il faut un plein rétablissement
économique pour soutenir les efforts à la longue13.
En effet, le secteur de la santé publique qui dépend
souvent des subventions dans les pays à faible revenu
risquent de ne pas être capables de soutenir les besoins
économiques nécessaires pour le service du traitement de
la stérilité à haute technologie.
En
conclusion, le traitement de la stérilité est un
problème important qui exige l’attribution appropriée et
judicieuse de ressources en Afrique. Pourtant, nous
sommes persuadés que du point de vue de la santé
publique, les pays africains doivent investir dans la
prévention et le traitement conventionnelle de la
stérilité plutôt que dans les TRA à haute technologie.
On devra mettre l’accent sur la prévention puisque de
tels programmes permettront à d’autres problèmes sexuels
et les problèmes de santé de reproduction d’en profiter
et ils libéreront les ressources pour s’occuper des taux
de mauvaise santé causés par d’autres maladies en
Afrique. Le développement du traitement à haute
technologie de la stérilité dans le secteur public
devrait être une entreprise à long terme quand les
problèmes fondamentaux de santé et sociaux seront
suffisamment résolus.
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